Comment vaincre sa peur de photographier des inconnus : conseil N°1

Débuter la photographie d’inconnus dans la rue n’est pas une mince affaire. Une forme de pudeur, voire une crainte (du consentement des personnes notamment) est souvent bien ancrée. C’est évidemment une étape à dépasser. Certains y arrive très facilement (le culot ?), mais pour ma part ça s’est fait par étapes. Je vais donc écrire plusieurs billets sur le sujet, en donnant mes quelques astuces qui m’ont permis d’être serein sur le sujet.

Pourquoi ce blocage ?

Pointer l’appareil vers quelqu’un qu’on ne connaît pas, en pleine rue, n’est pas naturel. Comme l’impression de violer une forme de vie privée, avec la sempiternelle question sourde qui résonne : “Mais s’il ne veut pas être photographié ?”. Il faut aller à l’encontre de cette question : nous ne sommes pas en train de photographier la personne comme on pourrait faire un vulgaire selfie pour le poster sur tous les réseaux sociaux, mais simplement en train de créer une œuvre d’art (quelle qu’en soit sa qualité). Bon, on est d’accord, ensuite rien ne nous empêche de diffuser ensuite cette œuvre sur tous les réseaux sociaux 🙂

La notion qui intervient là est le fameux “Droit à l’image”. Je ferai plus tard un billet plus complet sur le sujet, mais disons simplement que cela n’empêche pas un artiste de créer tant qu’il le fait dans un lieu public et sans nuire à l’image de la personne.

Dépasser cette peur ?

Une fois qu’on a compris que ce “Droit à l’image”, et tout l’imaginaire créé autour de cette notion, est l’ennemi à abattre, il suffit d’organiser un plan de bataille pour y arriver petit à petit. Plusieurs catégories de gens dans la rue sont là pour vous aider. Et la première d’entre elles sera les autres artistes de la rue.

Niveau 1 : Photographier les artistes qui se montrent

En effet, les autres artistes (musiciens solitaires, performeurs, orchestres, …) sont là pour montrer leurs propres œuvres. Il exposent quelque chose, et se savent donc prêts à être photographiés. À vous maintenant de le faire en tant que photographe de rue, et non pas simplement en tant que touriste lambda.

Je me permets un petit exemple personnel : en déambulant dans les rues de Chicago, j’ai eu la chance de croiser une demoiselle avec son violoncelle. J’avais trouvé quelqu’un d’à la fois passionnée et expressive, ce qui m’a permis une bonne série de clichés. Évoluer autour d’elle ne l’a pas du tout dérangée dans son jeu : c’est du pain béni pour commencer à photographier les inconnus.

La violoncelliste de Chicago
La violoncelliste de Chicago

Niveau 2 : Photographier le public de ces artistes

Les artistes sont là pour montrer leurs œuvres, et quand ils sont performants, un public se créé autour d’eux. Et, coup de chance pour nous, ils sont souvent plein d’expressions et ne portent pas attention à nous. Une jolie combinaison pour s’entrainer à photographier des inconnus sans retenue.

Un petit exemple personnel ici avec le public d’un groupe de break-danseurs dans les rues d’Avignon. J’avais aussi pris le temps de photographier les artistes, mais ce jour là le jeune public qui s’était amassé autour d’eux m’avait bien plus intéressé. Et quand bien même la photo n’est pas non plus celle qui restera à jamais dans mon book perso, on pourra comprendre que ça peut permettre de désinhiber pour photographier des inconnus.

Public de break-danse
Public de break-dance

Pour l’histoire, comme j’avais passé une vingtaine de minutes à photographier ce public, d’eux d’entre eux sont venus me voir pour me demander pourquoi je les prenais eux plutôt que les danseurs. J’ai simplement répondu que les performeurs me donnaient la scène, mais que l’émotion est plutôt portée par le public. Ca a très bien marché pour qu’ils ne me demandent pas d’effacer les photos !

Niveau 3 : Photographier les artistes cachés

Etape difficile car on ne rencontre pas partout ces “artistes cachés”. Je pense là particulièrement aux dessinateurs de rue et autres peintres, voire des amis photographes, qu’on peut croiser de temps à autres. Comme leur œuvre est plus longue à créer, ils sont souvent très concentrés et ne porte pas attention à ce qui les entoure. Du coup, on peut encore prendre à nouveau le temps de composer la photo sans trop de difficultés. De plus, si jamais vous vous faites débusquer en train de les photographier, ils seront beaucoup plus compréhensifs sur vos intentions, et rares sont ceux qui vous demanderont d’effacer la photo.

Encore un exemple personnel, ici dans les rues de Paris : un jeune dessinateur place de Bastille était inspiré par la devanture du bar devant lui. Problème, celui-ci s’était placé juste à côté d’une poubelle, ce qui m’a valu un bon moment de réflexion pour tenter de ne pas l’inclure dans mon cadre. Heureusement, il ne bougeait pas trop, ce qui m’a permis le cliché suivant :

Le dessinateur
Le dessinateur

En conclusion

Plusieurs astuces permettent de dépasser cette peur de photographier des inconnus dans la rue, et ce premier conseil est simple à appliquer (trouver des artistes dans la rue n’est pas trop difficile, y compris en plein hiver). Essayez, et n’hésitez pas à me dire dans les commentaires si ce conseil vous a été utile, voire à me montrer les photos prises dans ce cadre 🙂

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